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Welcome to Panglao Marine Biodiversity Project 2004 Website!

MARINE SPECIES RICHNESS IN THE CONTEXT OF THE
INDO-PACIFIC BIODIVERSITY GRADIENT

ABSTRACT DESCRIPTION IN VISAYAN
ABSTRACT DESCRIPTION IN ENGLISH
ABSTRACT DESCRIPTOIN IN FRENCH


PANGLAO
Richesse, rareté et singularité dans les écosystèmes marins :
les récifs coralliens des Philippines

1. Contexte général du projet
2. PANGLAO : pourquoi ? comment ? avec quels moyens ?
3. Projet scientifique

1. Contexte général du projet :
La biodiversité, Rio +10 et le Muséum

Un regard nouveau:

Au cours des 20 dernières années, le regard des scientifiques sur la biodiversité s'est profondément transformé. D'un monde que l'on croyait fini et peuplé de 2 millions d'espèces environ, notre perception est aujourd'hui passée à celle d'une biosphère peuplée d'au moins 10 millions d'espèces, et peut-être beaucoup plus. Dans le même temps, l'impact de l'Homme sur son environnement conduit à une accélération du rythme des extinctions sans précédent dans l'histoire de la vie sur Terre : les espèces s'éteignent aujourd'hui à une vitesse 10.000 fois supérieure à celle des extinctions naturelles.

Une planète dont l'exploration n'est pas achevée:

Dans un monde qui s'étonne des prouesses du génie génétique, de l'informatique ou de l'exploration spatiale, il parait incongru de déclarer que nous ne connaissons pas toutes les espèces de plantes et d'animaux qui peuplent la planète. Et pourtant, les zoologistes et les botanistes découvrent encore tous les ans de nouvelles espèces de poissons, d'insectes, de coquillages ou de champignons. Les forêts tropicales, les grands fonds marins et les récifs coralliens constituent les grands fronts de l'exploration de la biodiversité.

Biodiversité et géopolitique:

La richesse et le savoir sont inégalement répartis à la surface du globe, la biodiversité aussi. Ce sont les pays du Nord (Europe, Etats-Unis) qui concentrent l'essentiel des connaissances sur la biodiversité, mais ce sont les pays du Sud (Pays en Développement, pays émergents) qui concentrent l'essentiel des espèces vivantes. Les principaux réservoirs d'espèces nouvelles inconnues sont tous situés sous les tropiques, là où la pression de développement est la plus forte, et également là où les institutions scientifiques sont les moins nombreuses.

Le rôle du Muséum:

Dans ce contexte international complexe, quelques grandes institutions scientifiques constituent des pôles incontournables pour la connaissance, l'inventaire et la description de la biodiversité : le Muséum national d'Histoire naturelle est l'un d'eux. Sa mission est de constituer et conserver des collections qui portent témoignage de toutes les espèces de plantes et d'animaux de la planète. Ces collections confèrent à la France une place de leader dans ce champ de la recherche scientifique, en même temps que des responsabilités internationales en tant que dépositaire d'un patrimoine commun de toute l'humanité.
Dans le cadre de la Convention sur la Diversité Biologique, le Muséum est l'organe scientifique de la convention auprès du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable. Il participe aux engagements de la France en apportant expertise, formation et partenariat avec les scientifiques des pays du Sud, et restitution de l'information sur la biodiversité contenue dans ses collections.

2. PANGLAO : pourquoi ? comment ? avec quels moyens ?

Les mers d'Asie du Sud-Est (Mer de Chine du Sud, Philippines, Indonésie) constituent un "Triangle d'Or" de la biodiversité marine : on estime en effet que c'est dans cette partie du monde que les faunes et les flores marines sont les plus riches en espèces, en particulier celles qui vivent dans les récifs coralliens. Mais ces régions figurent aussi parmi les plus mal connues et les plus menacées : l'exploration et l'inventaire de ces faunes répondent donc à la fois à un enjeu scientifique et à une urgence environnementale.
C'est dans ce contexte que le Muséum, en partenariat avec l'Université San Carlos de Cebu, a l'ambition de conduire en 2004 sur les récifs coralliens des Philippines une grande opération qui fera date dans l'histoire de l'exploration de la biodiversité marine. Elle s'inspire d'une opération de même nature, LIFOU 2000, conduite avec succès par la même équipe aux Iles Loyauté dans le Pacifique Sud-Ouest. Le site de Panglao (province de Bohol) a été retenu au terme d'une mission de repérage conduite en juin 2002.

Objectifs scientifiques du project:
- Inventorier les invertébrés les plus diversifiés d'un écosystème tropical complexe et établir les bases d'un site de référence de la biodiversité marine au niveau mondial ;
- Etablir un lien entre inventaire scientifique et conservation de la biodiversité, et évaluer la durabilité d'une pêcherie de coquillages de collection ;
- Former de jeunes chercheurs philippins à la taxonomie, constituer des collections représentatives, et créer une banque d'images de la faune échantillonnée ;

Constitution de l'équipe:
Le projet rassemblera environ 80 personnes : scientifiques (chercheurs, techniciens, étudiants), volontaires issus du milieu associatif, plongeurs, sous la direction des professeurs Philippe Bouchet et Danilo Largo. Cette équipe comprend un noyau dur d'une douzaine de personnes du Muséum, déjà rompue à ce genre de mission et forte de plus de 10 ans d'expérience.

Relations internationales:
Le projet PANGLAO a une triple dimension internationale
(a) par la constitution de l'équipe qui conduira l'opération sur le terrain, en particulier la très forte participation de chercheurs d'autres pays européens, des USA, et d'autres pays d'Asie du Sud-Est (Singapour, Viet Nam, Thailande, Taiwan) ;
(b) par le site d'étude et les partenariats locaux aux Philippines même ;
(c) par le réseau mondial de spécialistes que le Muséum mobilisera après la campagne pour la valorisation et l'exploitation des résultats : plus de 50 spécialistes de 20 pays collaborent régulièrement avec l'équipe du Muséum porteuse du projet ;

Moyens acquis:
Le coût total du projet (hors salaires et charges des participants) s'élève à 230.000 euros. La Fondation d'Entreprise Total pour la Biodiversité et la Mer, le Ministère des Affaires Etrangères et l'ASEAN Regional Center for Biodiversity Conservation (ARCBC, programme de l'Union Européenne basé à Los Banos, Philippines) soutiennent financièrement le projet.

3.0. Projet scientifique
3.1. RESUME

Les biologistes marins ont reconnu depuis longtemps dans l'Océan Pacifique l'existence d'un gradient de biodiversité : les mers d'Asie du Sud-Est constituent un "Triangle d'Or" où la richesse spécifique est la plus élevée. Elle s'appauvrit graduellement à mesure que l'on s'éloigne de ce cœur, avec un "pôle froid" en Polynésie orientale. La reconnaissance de ce gradient s'appuie cependant, dans la littérature scientifique, sur un nombre étonamment faible de données chiffrées, de surcroit très disparates. L'objet du présent projet est précisément de recueillir des données nouvelles sur la richesse spécifique d'un site situé au cœur du "pôle chaud" du gradient de biodiversité marine : Panglao, aux Philippines. Les résultats seront comparés à ceux obtenus à Rapa, dans l'archipel des Australes (Polynésie française), qui représente le "pôle froid" de ce gradient, et à Koumac, Touho et Lifou (en Nouvelle-Calédonie), qui occupent une position intermédiaire. Les deux aspects innovants du projet concernent l'échelle spatiale des sites d'étude (échelle du paysage : 50-300 km²) et les taxons cibles (invertébrés sessiles : mollusques, crustacés décapodes). Les résultats attendus touchent aux concepts qui alimentent les stratégies de conservation de la biodiversité : richesse, rareté et singularité.

3.2. PROGRAMME DE RECHERCHES

Présentation du sujet:
En termes de biodiversité, les récifs coralliens sont souvent comparés aux forêts tropicales car le nombre d'espèces et la complexité de leurs interactions en font les écosystèmes biologiquement les plus riches de la planète. Sur un total de 275.000 espèces marines vivantes (algues et animaux) connues à ce jour, on évalue à 195.000 le nombre de celles vivant dans les mers côtières tropicales, dont 93.000 dans les récifs coralliens : une espèce marine sur 3 vivrait donc dans les écosystèmes récifaux. Cependant, la composition et la structure de la répartition spatiale de ce foisonnement d'espèces restent mal connues.

a) En termes de composition, l'inventaire de la biodiversité marine se poursuit au rythme de 1.800 espèces nouvelles décrites annuellement, dont 43% environ pour la seule province Indo-Pacifique. L'inventaire est donc loin d'être achevé, particulièrement pour les espèces petites et rares, les commensaux, les associés et les parasites, qui constituent pourtant la majorité des espèces dans les écosystèmes complexes. Malgré ce déficit, peu d'actions de terrain sont organisées spécifiquement pour collecter la biodiversité dans les régions sous-étudiées : la découverte d'espèces nouvelles est souvent le résultat fortuit de recherches conduites au départ pour d'autres objectifs. La plupart des études intégrées sur la biodiversité marine tropicale se concentrent sur quelques indicateurs "phares" (poissons, coraux) et négligent les autres taxons, précisément parce que leur grande diversité et les difficultés de leur étude systématique les rendent inabordables pour les non-spécialistes.

b) En termes de répartition spatiale, les biogéographes ont reconnu depuis longtemps dans l'Océan Pacifique l'existence d'un gradient de biodiversité : la richesse spécifique est la plus élevée dans les mers d'Asie du Sud-Est et s'appauvrit graduellement à mesure que l'on s'éloigne de ce cœur, avec un "pôle froid" en Polynésie orientale (Hawaii, Pitcairn, Ile de Pâques). La reconnaissance de ce gradient s'appuie cependant, dans la littérature scientifique, sur un nombre étonnamment faible de données chiffrées, de surcroît très disparates. A l'autre extrémité de la gamme des échelles spatiales, l'approche quantitative des écologistes permet de calculer rigoureusement des indices de diversité dont le caractère prédictif ne dépasse cependant pas l'échelle du mètre carré. Entre les deux, l'échelle du paysage est intuitivement perçue comme la plus pertinente pour la gestion des espaces naturels et la conservation de la biodiversité, mais elle reste négligée des systématiciens qui inventorient les espèces.

Le présent projet se propose donc de faire progresser les connaissances sur la biodiversité récifale à travers une démarche innovante qui superpose trois difficultés :
- en se situant au cœur du pôle chaud du gradient de biodiversité du Pacifique, là où la richesse spécifique est maximale ;
- en choisissant un site d'étude à l'échelle du paysage, présentant une hétérogénéité interne élevée ;
- en prenant pour cible deux taxons très diversifiés d'invertébrés sessiles : les mollusques et les crustacés décapodes.


Objectifs du projet:
L'objet du présent projet est de recueillir des données de qualité sur un site récifal complexe situé au cœur du "pôle chaud" du gradient de biodiversité Pacifique tropical : Panglao, aux Philippines. Les résultats seront comparés à ceux obtenus par la même équipe à Rapa, dans l'archipel des Australes (Polynésie française), qui représente le "pôle froid" de ce gradient, et à Koumac, Touho et Lifou (en Nouvelle-Calédonie), qui occupent une position intermédiaire. L'échelle spatiale des sites d'étude est celle du paysage (50-300 km) et les taxons cibles sont des invertébrés sessiles (mollusques, crustacés décapodes).

Les sites de KOUMAC, TOUHO et LIFOU correspondent à des opérations de terrain déjà menées en 1993-2000 par le Muséum et l'IRD.
Le site de RAPA correspond à une opération conduite novembre 2002.
Le site de PANGLAO est une opération nouvelle, avec une étude de faisabilité et une préparation logistique en 2002-2003 pour une réalisation sur le terrain en mai-juillet 2004. La formule retenue est celle du site-atelier, afin de faire travailler ensemble une cinquantaine de personnes (chercheurs, techniciens, volontaires).

Résultats attendus:
Au terme du présent projet, des données de même nature, obtenues par la même équipe avec les mêmes méthodes, seront disponibles sur 5 sites : Koumac (côte ouest de Nouvelle-Calédonie), Touho (côte est de Nouvelle-Calédonie), Lifou (Iles Loyauté), Rapa (Iles Australes), Panglao (Philippines). Certains des résultats attendus concernent chacun des sites pris individuellement, d'autres relèvent d'une approche comparative entre sites. Ils peuvent grosso modo être ordonnés autour de trois mots clés :

(1) Richesse.
La première étude intensive (400 journées-personnes sur le terrain) de sites à méso-échelle, réalisée par l'équipe du présent projet, a révélé la présence de 2500 à 3000 espèces de mollusques sur des sites de 50-300 km² du lagon de Nouvelle-Calédonie : davantage d'espèces que dans toute la Méditerranée ou la Nouvelle-Zélande, 5 à 6 fois plus que dans les Iles Britanniques. Si l'on extrapole aux mollusques les gradients observés chez les coraux, on peut s'attendre à des chiffres de l'ordre de 500 espèces à Rapa, et 5 à 10.000 à Panglao.

(2) Rareté.
Une caractéristique des écosystèmes tropicaux complexes (forêts, récifs) est que la plupart des espèces sont petites et rares. A Koumac, 20% des espèces sont représentées par des échantillons uniques, malgré un effectif total de 127.000 spécimens. L'obtention de résultats semi-quantitatifs sur 5 sites permettra d'évaluer le poids des différentes formes de rareté : espèces à faible effectif et à large répartition écologique et géographique (rares s.s.) ; espèces localement communes mais à répartition géographique restreinte (endémiques) ; espèces à spectre écologique très étroit, vaste répartition et effectifs indifférents (sténoèces).

(3) Singularité.
La question de la représentativité des aires protégées est centrale dans les stratégies de gestion de l'espace et de conservation de la biodiversité. En Nouvelle-Calédonie, les deux sites étudiés, pourtant distants d'à peine 200 km, ont un taux de recouvrement de leur biodiversité qui ne dépasse pas 40% (60% des espèces ne sont présentes que sur un seul site). Compte tenu des niveaux de richesse spécifique attendus (cf. 1 ci-dessus), on peut s'attendre à des taux de recouvrement encore plus faibles avec Rapa et Panglao. De tels résultats renforceraient une stratégie d'approche locale des réseaux d'aires protégées ("ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier") ; au contraire, les résultats inverses renforceraient les stratégies régionale et globale (un site bien choisi est représentatif d'en espace beaucoup plus vaste).

Le site choisi pour le travail de terrain est Panglao, au sud-ouest de Bohol. Depuis la fin des années 1980, Panglao et l'ile voisine de Balicasag sont une source importante de spécimens de profondeur, collectés avec des filets dormants par les pêcheurs locaux pour le commerce international du coquillage de collection. Le site offre donc l'occasion unique de combiner une étude fondamentale sur la biodiversité marine avec une approche socio-économique de ce commerce et de son impact sur l'économie familiale.

4.0. Conduite du projet
4.1. Responsable du projet

Dr. Philippe BOUCHET
né le 13/08/1953
Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle
55 rue Buffon
75005 Paris.

Tel.: 0140793103 / 0140793104
Fax: 0140793089
E-mail: pbouchet@mnhn.fr

en partenariat avec:

Dr. Danilo Largo
University San Carlos, Cebu City, The Philippines.
Talamban, Cebu City 6000.
Tel.: (+63) 32 346 1128
Fax: (+63) 32 344 6715
e-mail: largodb@yahoo.com

4.2. Participants
(1) Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris : un groupe de 15 chercheurs, techniciens, volontaires et moniteurs de plongée.

(2) Université San Carlos, Cebu : un groupe de 13 chercheurs philippins des départements de Biologie Marine, Economie et Socio-Anthropologie, coordonné par le Dr Danilo Largo.

(3) Participants d'autres organismes philippins (Marine Science Institute, UP Manila; Ateneo de Manila) et français (Institut de Recherche pour le Développement, Nouméa).

(4) Participants d'autres institutions universitaires d'Australie, Autriche, Costa Rica, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Norvège, Russie, Singapour, Suède, Taiwan, Thailande, USA et Viet Nam. L'atelier mobilisera en tout sur le terrain environ 80 personnes. Compte tenu du renouvellement des équipes, cinquante personnes environ travailleront en même temps sur place.

4.3. Calendrier
Juin 2002 : mission de repérage : contacts et discussion de partenariats avec les universitaires philippins ; choix du site ; présentation du projet à l'Ambassade de France.

Octobre 2002 : mise en route de la procédure des permis, rencontres avec les élus et administrations locales.

Février 2003 : finalisation de la préparation logistique ; signature d'un Memorandum of Agreement avec l'Université San Carlos.

[26 mai – 5 juillet 2003 (6 semaines) : Réalisation initialement prévue de l'atelier PANGLAO. Reportée pour cause de SRAS et lenteurs administratives (permis de recherche) aux Philippines].

15 octobre – 1 novembre 2003 : PANGLAO PHASE 1 avec une équipe restreinte. Cartographie des fonds. Test des équipements mis en place sur le bateau de l'Université San Carlos. Relevage et redéploiement des filets profonds. Enquête socio-économique.

28 mai – 10 juillet 2004 : PANGLAO PHASE 2 avec l'équipe complète. Inventaire complet de la faune de mollusques et crustacés décapodes.

Octobre 2004 : courte mission de suivi. Conférence de presse, restitution auprès des élus et administrations.
2004-2005 : accueil au Muséum d'étudiants / chercheurs philippins : formation, exploitation des résultats.


Dr. Philippe BOUCHET,
le 20/10/02
actualisé le 16/11/03.

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